S’enregistrerRechercherFAQMembresGroupesConnexion
« La roue tourne »… quand des cautions se retrouvent en première ligne

 
Répondre au sujet    Entraideapn Index du Forum » Entraideapn » REFLEXIONS Sujet précédent
Sujet suivant

« La roue tourne »… quand des cautions se retrouvent en première ligne
Auteur Message
Admin
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Mai 2009
Messages: 2 359

Message « La roue tourne »… quand des cautions se retrouvent en première ligne Répondre en citant
« La roue tourne »… quand des cautions se retrouvent en première ligne



Un/e agresseur/euse psychologique se croit dans la toute puissance, d’autant plus quand des cautions lui permettent d’entretenir cette croyance. Un/e agresseur/euse psychologique sans caution aurait beaucoup, beaucoup moins de latitude pour continuer d’agresser sa victime. 
 
  
 
Quand un/e agresseur/euse psychologique s’en prend en privé à sa victime, il/elle ne va sûrement pas raconter ce qu’il/elle fait. Il/elle va faire circuler d’autres versions où il/elle s’octroie un rôle qui lui est favorable, et où il/elle impose un rôle défavorable à sa victime. 
 
  
 
Prenons un exemple. 
 
Un couple se sépare, mais vit encore sous le même toit. A veut entraver la liberté de B (ce qui lui permet de surveiller B, de le/la mettre sous pression etc…). A enlève la batterie de la voiture de B. 
 
  
 
Une version est donnée à des personnes (qui ne connaissent pas trop la situation, qui n’ont pas les moyens de vérifier etc…). A raconte que B monte des stratagèmes pour faire des histoires, et tenter d’obtenir des avantages dans la procédure de divorce. Et comme exemple, A cite le fait que B a démonté la batterie de sa propre voiture, et qu’il/elle veut faire croire à d’autres que c’est A l’auteur de cet acte.  
 
A se place dans le rôle de la victime des manigances, des manipulation, voir de la folie de B. 
 
Une des personnes qui passe régulièrement devant le logement de A et B voit la voiture immobilisée. Cette seule vision donne du corps au mensonge de A, et cette seule « preuve visuelle » par cette personne peut être relayée à d’autres. 
 
  
 
Une autre version est donnée à des personnes de l’entourage de B (des personnes que A ne peut pas prendre de front, que A ne peut pas manipuler avec autant de latitude que les personnes précédentes, parce qu’elles écoutent B, mais A peut tenter de diluer des « mauvaisetés » sur B, et affecter ces personnes). 
 
A raconte là qu’il/elle a été obligé/e d’enlever la batterie parce que B abusait de sa générosité, et qu’il/elle était toujours obligé/e d’aller faire le plein. A veut faire passer B pour quelqu’un de vénal, de dépensier. Et lui/elle a été assez longtemps « bonne poire », et il/elle se doit de mettre des limites aux travers de B. 
 
A se place dans le rôle de la victime des travers de B auxquels il/elle a été obligé/e de mettre une limite. 
 
  
 
Une autre version encore est servie à des professionnels. B raconte ce problème de batterie enlevée par A. A explique alors que c’était pour tenter de parer à l’inconscience de B. La voiture n’était plus en état de rouler, et B ne voulait rien entendre. A a du agir pour préserver et B et leurs enfants. 
 
A se donne le rôle de « protecteur bienveillant » de la famille, du parent responsable face à l’irresponsabilité de B. 
 
  
 
Dans chaque version A s’attribue le bon rôle au détriment de B qui a toujours le mauvais rôle. Les multiples versions d’un même fait prouvent la manipulation. Et il suffirait de mettre en présence ces différentes versions pour prouver cette manipulation. 
 
  
 
La multiplication des versions, le fait que les différentes personnes ne communiquent pas entre elles (ce qui permettrait de mettre à jour les différentes versions), que dans les personnes qui écoutent une version de l’agresseur/euse psychologique nombreuses sont celles qui ne cherchent pas à vérifier par elles mêmes, permet à l’agresseur/euse psychologique de fabriquer une image dévalorisée de la victime auprès d’autres en fonction de ce que l’agresseur/euse psychologique veut. 
 
Les personnes écoutant ces fausses versions, sans vérification, sont forcément influencées dans leurs ressentis vis-à-vis de la victime. Même si elles ne s’en prennent pas directement à celle-ci, leur silence ou manque de réaction les mettent dans un rôle de cautions de l’agresseur/euse psychologique. 
 
Quand la victime n’arrive pas à se faire entendre, qu’elle perçoit ces différents cautionnements, une distance s’installe entre cautions et victime. La distanciation peut être un choix de la victime, qui ne peut plus supporter d’être jugée sans qu’elle soit elle écoutée, crue,  qui ne comprend pas que les cautions ne perçoivent pas les manipulations de l’agresseur/euse psychologique. La distanciation peut aussi provenir des cautions qui pensant que leur non implication est une protection sans en mesurer les conséquences réelles. La distanciation peut être aussi un panaché des deux précédentes. 
 
  
 
Avant cette distanciation, la victime servait de « tampon » entre cautions et agresseur/euse psychologique. Celui/celle-ci était concentré/e sur sa volonté de détruire l’image de sa victime auprès des cautions. Ces cautions ayant un rôle utilitaire, l’agresseur/euse psychologique les préservait de ses attaques. 
 
Quand l’image de la victime est abîmée, détruite auprès des cautions, que la distanciation s’est installée, cautions et agresseur/euse psychologique se retrouvent forcément en face à face, sans « tampon ». L’agresseur/euse psychologique n’a plus besoin des cautions sur le sujet « victime », il/elle n’a donc plus besoin de les préserver. 
 
  
 
Il y a une période de post-préservation des cautions, où l’agresseur/euse psychologique peut jouir du système qu’il/elle a réussi à installer. Et dans le cas où la distanciation provient de la victime, les cautions ne comprennent pas forcément le pourquoi de celle-ci. Elles se « raccrochent » alors à l’agresseur/euse psychologique qui leur permet de se conforter dans leur rôle de cautions justes (finalement elles ont bien fait de ne pas intervenir, de croire l’agresseur/euse psychologique etc… puisque la victime se conduit mal avec elles). Là encore l’agresseur/euse psychologique a le « bon rôle », il/elle peut donc profiter de cette « aura ». 
 
  
 
Mais l’agresseur/euse psychologique ne joue pas ad vitam éternam le rôle choisi auprès des cautions. Il y a toujours un moment où ses travers ressurgissent, reprennent le dessus. Si une des cautions se met à penser différemment de lui/elle (même sur d’autres sujets que le passé, que la victime), qu’elle ose l’exprimer, il y a « retours de bâton » de l’agresseur/euse psychologique. Pour un/e agresseur/euse psychologique, les cautions doivent être cautions de TOUT (c’est lié à sa volonté de toute puissance). Et quand la caution sort du rôle attribué, elle se retrouve elle face à des comportements punitifs de l’agresseur/euse psychologique. 
 
  
 
Prenons un exemple. 
 
C n’a pas cru les paroles de sa sœur B sur les agressions psychologiques qu’elle subissait de leur frère A. Dans un premier temps, C a été une caution silencieuse de A. B a mis de la distance. C et A ont conservé des relations fréquentes, alors qu’elle ne voyait plus que rarement B (les « discussions » n’étant plus que des discussions banales, et surtout neutres). 
 
Lors d’une discussion entre C et A, C « ose » émettre un point de vue différent de A (sujet qui n’a rien à voir avec le passé, ni avec B). A se met en retrait, se montrant « blessé » (mais en fait  est surtout vexé que C ne pense pas comme lui). A se met en mode « boudin », ne répondant plus aux appels de C par la suite. A coupe la relation sans que C ne puisse avoir droit à aucune explication. C ne comprend pas que A la raye de sa vie ainsi, sur un sujet qui de plus lui parait peu important. 
 
A n’a pas supporté que C ne soit pas d’accord avec lui, remettant ainsi son rôle « obligé » de caution sur tout. Comme de plus C ne lui est plus utile dans son rôle de caution première (vis-à-vis de B), A n’a plus à prendre de gants et met fin à la relation. 
 
Cette interruption brutale est incompréhensible pour C. 
 
C ne se voit pas dans le rôle de caution ; pour elle sa relation avec A était basée sur de l’affectif, et sur un choix aussi qu’elle avait faite vis-à-vis de leur sœur. Sidérée par le comportement de A, elle cherche des explications. Elle se retrouve à la place de B. 
 
  
 
C pourrait trouver des explications auprès de B. Elles ont vécu les mêmes comportements, même décalés dans le temps. Mais il peut y avoir des freins. C peut avoir besoin d’explications, mais être dans la honte vis-à-vis de B, ou dans la « crainte » de demander de l’aide à quelqu’un qu’elle n’a plus que vue épisodiquement, qu’elle n’a pas aidée parce que ne la croyant pas. B peut avoir perdu confiance en C, et penser que c’est insurmontable. 
 
  
 
  
 
Reconstruire une relation avec une personne qui a été caution est possible, mais c’est un choix personnel de chacun/une, en fonction de son vécu, du passé commun et des souhaits sur l’avenir. 
 
Il ne faut pas oublier qu’en tant qu’ancienne victime, on a été aussi à un moment caution d’un/e agresseur/euse psychologique auprès d’autres. 
 
  
 
Ce n’est pas une roue qui tourne, mais un cercle destructeur qu’il faut arriver à stopper … 




© Entraideapn, tous droits réservés, avril 2013

 

 
 
 
 



Mer 17 Avr - 00:37 (2013)
Publicité






Message Publicité
PublicitéSupprimer les publicités ?

Mer 17 Avr - 00:37 (2013)
Montrer les messages depuis:    

Répondre au sujet    Entraideapn Index du Forum » Entraideapn » REFLEXIONS Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers: 

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Design by Freestyle XL / Flowers Online.Traduction par : phpBB-fr.com